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L'ordre nouveau

(1968-1998)

La première mesure de Suharto fut d'interdire le parti communiste, de couper les liens avec la Chine et l'Union Soviétique et de renouer les relations diplomatiques avec les Etats-Unis. De nouvelles élections en 1971 assurèrent la légitimité à Suharto et son parti, le Golkar, qui remporta plus de 65% des voix. Les militaires entrèrent en masse dans l'administration et constituèrent la majorité du nouveau Conseil consultatif du peuple. Les autres membres étaient nommés directement par le président, qui réussit à se faire réélire en tant que seul candidat pour sept mandats consécutifs par une Assemblée ne comptant que 40% de membres élus.


Billet de 50 000 rupiah à l'effigie de Suharto


Les réformes menées grand train permirent à l'Indonésie de connaitre un essor sans précédent, s'appuyant sur les immenses ressources humaines et naturelles du pays, en premier lieu le pétrole et le gaz naturel. L' Indonésie devint auto-suffisante en production de riz en 1984, alors que le pays importait le quart du riz du marché mondial en 1965. La proportion des habitants vivant sous le seuil de pauvreté chuta de 60% à 13.5% en trente ans, tandis que le taux d'alphabétisation atteignait 83% et que l'espérance de vie rejoignait la moyenne mondiale.

Cet élan impressionnant fut cependant stoppé net par la crise boursière qui secoua l'Asie en 1997. Celle-ci révéla les faiblesses structurelles de l'économie et d'une administration gangrénée par la corruption. En 1998, la roupie perdit 80% de sa valeur par rapport au dollar américain, entrainant une inflation démesurée, une baisse du PIB et une multiplication par 5 du coût des importations. Voyant son pays au bord de la faillite, Suharto du faire face au grondement de la population. Encore une fois, ce sont les étudiants qui se firent les portes-parole du mécontentement, réclamant la démission de Suharto et l'instauration de la démocratie. A la suite des émeutes de Jakarta lors desquelles plus de 1200 personnes périrent, Suharto fut contraint de démissionner, laissant la place au vice-président Habibie le 21 mai 1998. Celui-ci mena progressivement le pays vers les élections démocratiques d'octobre 1999, les premières depuis 1955.